Dimanche 12 octobre 2008
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Texte a paraître dans le Huchoer n°22
Je viens d’apprendre, et j’en suis désolé une nouvelle fois, que la soif d’égalité culturelle animant bon nombre de militants sincères, progressistes ou révolutionnaires n’était qu’un
absurde et rétrograde combat réactionnaire. Retour, démontage d’un texte paru dans Anarchosyndicalisme ! #107 et publié sur le site
internet de la CNT AIT de Tolosa sous le titre « mélange ou différence ?».
Lu, relu, re-relu… il n’y a rien à faire. Militant anarchiste, allergique à toute domination, fût-ce –t-elle culturelle, le texte d’ « un militant de la CNT AIT de Toulouse » me
laisse sceptique. Je ne peux m’empêcher de me sentir visé, puisque largement favorable au développement des langues et cultures minoritaires, mais sans autant me reconnaître dans cet empilage de
poncifs plus hallucinants et maladroits les uns que les autres. Le premier malentendu, entretenu tout le long du texte, consiste à ne jamais citer explicitement les groupes mis en cause. On se
contente de qualificatifs à l’emporte pièce censés englober tout ce qui pourrait toucher de près ou de loin les militants culturels, les mélangeant au passage aux militants cultuels, ce qui
n’arrange pas une situation déjà peu claire : « les identités, les communautés dont il est question ici » (on ne saura jamais lesquelles) ; « les identitaires »
(jouant implicitement sur le fait que « identitaires » se rapporte à un mouvement politique d’extrême droite) ; « les identitarismes » ; « des représentants d’associations
diverses de défense des racines culturellesdes intérêts politiques et religieux qui prônent la conservation des cultures » ; « le communautarisme » ; «
ces ensembles communautaristes » ; d « habiles opportunistes »… Nous nageons en plein complot communautariste.
La contamination semble plus sérieuse que prévu, d’autant que selon l’auteur, pour de « nombreux militants résiduels du marxisme cette « culturisation » est présentée comme une façon de
résister à un capitalisme qui leur semble tout emporter ». Pour bien démontrer que défendre sa langue en situation de domination est au mieux absurde, et au pire réactionnaire, l’auteur
n’hésite pas à manier les sophismes : « En France les députés, dont la majorité est faut il le rappeler, sarkozyste (et donc parfaitement réactionnaire) ont même voté récemment une loi de
reconnaissance de langue régionale dans le patrimoine national. En politique la « reconnaissance » n’est pas un terme innocent. C’est une pratique héritée de la féodalité : celui qui reconnaît
est ainsi sûr d’être reconnu en retour ». D’une part de très nombreux députés de gauche (pas réputés sarkosystes et donc pas réactionnaires ?) ont également voté la loi, d’une autre
penchons-nous sur le mot qui semble faire trembler d’horreur notre camarade de Tolosa : « reconnaissance ». Car cette pratique « héritée de la féodalité » ne semble pourtant pas
trop déranger notre militant lorsque sa propre section de la CNT AIT demande dans un tract (qu’il a lui-même certainement distribué) « la reconnaissance de la section syndicale de la
CNT » , ou bien lorsque lui et ses camarades expriment l’importance pour les ouvriers d’obtenir « la reconnaissance de [leurs] droits par la lutte » etc.… Doit-on comme
l’auteur de ce papier en tirer des conclusions plus qu’hasardeuses ?
Sophisme toujours : nous pouvons lire dans le texte que ce n’est pas un hasard si « l’apparition du débat autour des cultures dans le mouvement social à été concomitante avec le triomphe
de l’idéologie politique et des pratiques sociales qui entendent le capitalisme comme indépassable ». Ceci est, d’une part, une affirmation plus que vaseuse et d’autre part nous laisse
entendre que tout débat concomitant avec cette période ne serait donc pas le fruit du hasard ? L’auteur enfonce le clou et ajoute qu’un individu « se [réclamant] d’une identité issue d’un
patrimoine » (sic) ne remettrait pas en question le mode d’organisation capitaliste. A moins de ne pas faire partie de la même planète, il me semble que de nombreux mouvements situés
bien à gauche de l’échiquier politique défendent leur culture tout en remettant en cause le mode d’organisation capitaliste. C’est le cas des mouvement anarcho-indépendantistes (en Bretagne, en
Sicile, en catalogne au pays basque…), c’est le cas des « nombreux militants résiduels du marxisme » cités par l’auteur himself… et c’est notamment le cas du mouvement zapatiste et de tellement
d’autres ! Mensonge donc.
L’auteur part du principe que des groupes (dont on ne le répétera jamais assez, nous ne saurons jamais rien sinon qu’ils se réclameraient d’ « une » communauté), font appel à la notion de
culture, terme qui de part sa polysémie permettrait à ces groupes d’avancer masqués facilitant ainsi la confusion. L’auteur pourtant joue lui-même sur la polysémie du terme « identité » rendant
confus son discours et lui permettant d’englober des réalités bien différentes : « la notion d’échange culturel (…) est parfaitement opposée aux intérêts politiques et religieux qui
prônent la conservation des cultures ». La sentence est tombée. Quelque soit ta couleur politique, le fait de défendre ta culture te rend illico inapte à l’échange culturel, dixit « un
militant de la CNT AIT de Toulouse » qui pour tout échange culturel te propose lui, ni plus ni moins, que les cultures écrasées par la culture dominante continuent de l’être et crèvent. Bel
échange culturel venant de l’adepte de l’échange culturel. Mais, non content de t’apprendre que tu n’est pas doué pour l’échange (et au passage que tu aurais des accointances avec le pape ou le
mollah Omar), l’adepte de l’ « échange culturel » nous apprend en plus que nos langues sont d’insignifiantes crottes qui salissent le parquet de la bienséance francophone : « le pouvoir
(…) peut leur accorder de doubler les plaques de rues en un patois improbable ». En face d’un tel défenseur de l’échange culturel on ne
peut il est vrai que s’incliner. Surtout quand ce dernier, qui vient si joliment de prouver son intégrité culturelle et sa maîtrise de la matière linguistique, vient s’improviser linguiste. C’est
ainsi qu’on apprend qu’une langue qui naît doit nécessairement en détruire une autre : « les langues donc sont issues de la destruction de celles qui l’on précédée », et de
s’appuyer sur le latin. Doit-on a nouveau s’incliner devant une telle rigueur scientifique ? Quid du breton (qui n’a pas détruit le gallois dont il est pourtant issu), ou du créole qui ne sera
pas n’en doutons pas à l’origine de l’agonie du français etc. Passons une nouvelle fois. Nous lisons plus loin que « les langues ne sont pas issues du conservatisme et de l’obscurantisme
nécessaire au pouvoir ». Or cet argument donne implicitement raison à ceux qu’il combat. S’il est bien une langue défendue âprement d’une manière obscurantiste et conservatrice c’est
bien celle dans laquelle j’écris cet article. Et le pouvoir honni ne se trouve pas dans les mains des locuteurs occitans, basques ou gallo. Ce pouvoir parle, écrit, et protège le français de
telle manière que n’importe quel militant anarcho-syndicaliste intègre ne peut rester indifférent face à l’injustice faite à nos langues. Le militant anarcho-syndicaliste est trop au fait du
processus de domination pour ne pas voir dans la politique linguistique de l’Etat français une réelle volonté d’écraser et de supprimer nos cultures. Malheureusement ce dernier, qui va s’insurger
contre ce processus lorsqu’il se déroule au Chiapas ou à Oaxaca, préfère, en France, faire oublier sa position dominante en enveloppant les dominés conscients dans un seul et même paquet
réactionnaire. Le voila soulagé. Il a bonne conscience.
Non seulement il n’est plus responsable, mais il va pouvoir continuer à justifier cette domination car « ceux d’en face » sont « réactionnaires ».
En résumé, je viens d’apprendre coup sur coup que locuteur et défenseur d’une langue menacée de mort notamment par une politique linguicide :
- c’est moi qui par ma coupable résistance au rouleau compresseur francophone suis responsable « d’entraîner des divisions dans la population ». Pour paraphraser Anatole de Monzie
: « pour l’unité de la France, la langue bretonne doit disparaître »… (Et pour lutter contre le racisme, on éradique les allogènes ?).
- Je récupère le vocabulaire des lumières comme la tolérance et l’égalité pour « faciliter la confusion ».
- J’accepte le capitalisme bouche ouverte
- Je suis un « frustré » qui « s’adonne au culte du Pater ».
- Mes intérêts rejoignent ceux de la curaille ou du rabbinat etc.
N’en jetons plus. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Et malheureusement, ce genre de texte caricatural, mensonger, manipulateur risque de conforter les plus vigilants défenseurs des langues
et cultures dans leurs à priori négatifs vis à vis d’orgas libertaires au lieu de les y amener.
Pour ma part, il me conforte dans l’idée que le jacobinisme, qu’il soit chevènementiste, anarcho-syndicaliste, Max-galloiste etc. est l’expression chauvine d’une domination qui ne fait - au
contraire de ce qu’elle semble défendre - que conforter à son tour l’idée de division. Quoi de plus normal que de vouloir fuir un état, un mouvement… qui refuse d’accepter l’autre dans toute sa
différence à moins qu’il se dépouille de sa propre expression culturelle ?
Reconnaît-on ici l’essence libertaire qui doit nous animer ? Je n’ai pas lu ici un éloge du mélange - ici opposé aux différences - (mais que mélanger quand il n’existe plus de différence ?) mais
un appel à la standardisation. De sorte que tout particularisme est vécu ici comme une agression dans la société parfaite, unique, monolingue francophone, mono culturelle qu’on tente de nous
imposer. Ici, pas de générosité… mais un libéralisme culturel débridé.
Chacun pour soit, les plus forts, les plus puissants, les plus armés gagnent. Les plus faibles n’ont pas le droit au RMI culturel. Les fins de droit linguistiques sont priés d’aller faire la
manche ailleurs que sur le beau trottoir francophone. Quand on lit tant de contres vérités, tant de sophismes et de démonstrations bancales, on en arrive à la conclusion que la réaction n’est pas
toujours à la place où l’on aimerait bien la voir.
» ; «
(Vous pourrez retrouver le texte en son intégralité ICI )
Par Torr e Benn
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Publié dans : Trevadenniñ - Colonialisme
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Mais aussi bizarre que ce soit, ne parlons donc pas du fond.
Pour ce qui est de l'arabe, parlons en... Le fait de l'opposer à la défense des langues minoritaires démontre une arrière pensée mesquine et malfaisante... Pourquoi l'opposer ? Vous laissez entendre que de défendre le breton est incompatible avec la défence d'une autre langue, d'une autre culture et précisément - tiens donc comme par hasard- la culture arabe ?
Si vous aviez parcouru un temps soit peu ce blog, cela vous aurait évité de passer pour une endive (fusse-t-elle habillée de rouge et de noir).
D'ailleurs, je vais m'empresser de corriger... Vous affirmez des contres vérités auxquelles je vous soupsçonne de croire vous-même : la population immigrée est de grosso modo 50 000 personnes en Bretagne, toutes nationalités confondues. Il faudra m'expliquer comment -même s'ils représentaient 100% de cette population - l'arabe deviendrait la PRINCIPALE langue minoritaire en bretagne sachant que le nombre de locuteurs bretons varie lui entre 200 000 et 250 000 personnes.
source : http://www.gref-bretagne.com/Public/publications/mission_arp/imm_atlas_methodo_de
De plus, l'arabe n'est pas forcément la langue de cette population maghrébine. Vous semblez oublier l'Amazight, parlée par 1 millions de locuteur en france. Car oui, un maghrébin n'est pas forcément arabe comme cous semblez le croire.
Par ailleurs je trouve très louable que la CNT AIT défende une langue parlée dans le monde par 870 millions d'habitants et langue officielle et d'Etat par ailleurs... mais un poil ridicule.. je ne pense pas que l'arabe ait besoin de votre aide ni de la notre.. merci pour elle.
-Au passage les seuls cours d'arabes que vous trouverez en Bretagne se font dans une école Diwan - oui les écoles bretonnes vous savez... ces écoles en "patois improbable"... -
Comment affirmer défendre l'arabe alors que vous descendez régulièrement en flèches les langues minorisées. Etes-vous schizo ? Faut-il vous faire un dessin ?
Je trouve quand même dégueulasse de se servir de l'arabe comme d'une arme (dont finalement vous vous servez très mal et à mauvais escient )
Mode CNT AIT on
Vous exhibez la langue arabe comme Lepen exhibe LE noir du FN. Vous n'êtes pas contre les langues minoritaires - que vous méprisez par ailleurs - parce que vous défendez l'arabe, tout comme Lepen exhibait le noir de service pour prouver qu'il n'était pas raciste.
Mode CNT AIT off
(c'est dégueulasse comme procédé hein ?)
Sinon, et pour finir, je vous cite : "quand vous dites que la CNT AIT exige la reconnaissance pour sa section syndicale ou pour les droits, il se pourrait que vous fassiez erreur sur la personne. En effet, ces revendications sont étrangères à notre approche de l'anarchosyndicalisme."
Après me faire passer pour un quasi raciste, voila maintenant que je suis un quasi menteur ?
rhooo...
C'est écrit NOIR SUR BLANC ici :
http://www.cntaittoulouse.lautre.net/article.php3?id_article=83〈=fr
"LA CNT-AIT va intensifier ses actions contre Mercadona sur tout le territoire espagnol, va lancer un nouvel appel international à la solidarité et annonce que la grève ne prendra pas fin tant que les travailleurs n’auront pas atteint leurs objectifs : réadmission du personnel licencié, fin du harcèlement au travail, respect des normes de sécurité et des conditions de tavail liées à la santé, reconnaissance de la section syndicale de la CNT (...) "
Vous disiez ? Erreur sur la personne ?
Pour commencer, je ne sais pas ce que vous entendez par "culturalistes" Le culturalisme étant un courant de l'anthropologie, j'imagine que ce n'est pas ce que vous laissiez entendre.
Il serait d'ailleurs plus confortable pour cette discussion de savoir exactement qui est concerné par votre analyse. C'est d'ailleurs ce que j'ai laissé entendre dans ma réponse au texte "mélange et différence" Il est très gênant que vous puissiez assimiler des mouvements et des courants de pensée antinomiques dans un grand tout. (Ici les "culturalistes") Faire d'un bloc homogène tout ce qui touche de près ou de loin la mouvance bretonne en ce qui nous concerne ici, est difficilement acceptable. Autant imaginer faire un bloc des mouvements oeuvrant en politique française.
La nébuleuse bretonne, comme la française est composée de mouvements progressistes, rétrogrades, anarchistes, communistes, libérales, fascistes, antifas etc. Elles-mêmes divisées en sous groupes régionalistes, indépendantistes, autonomistes... Voyez.. c'est pas gagné :)
Je reviens à nos moutons.
Comme je l'ai déjà souligné ici, on enseigne l'arabe à Diwan. Ce n'est pas le cas des écoles monolingues française en Bretagne.
Une petite anecdote à propos de l'arabe : Une polémique a eu lieu alors que certaines institutions françaises dans certains coins bretons ont proposé pour faciliter la vie aux brittaniques arrivés en masse en Bretagne attirés par les bas prix des maisons et la spéculation de nombreux ménages bretons - une signalétique bilingue anglais français, chose systématiquement refusée lorsqu'il s'agit du breton. Des voix se sont donc élevées parmis les militants bretons pour mentionner qu'il aurait été plus utile et depuis bien longtemps, de le faire en arabe, vu que les arabophones sont largements plus nombreux que les anglophones sur le territoire. Fin de l'anecdote.
A propos du nombre de locuteurs quotidien en Bretagne, je doûte que vous puissiez vous appuyer sur une quelconque étude pour étayer vos affirmations. Il s'agit de votre ressenti personnel, et pour ma part je suis loin de le partager.
Pour la traduction des textes de la CNT AIT en breton, j'émet un très sérieux doute quant au refus de bretonnantS de le faire. Pour tout vous dire j'en tombe plutôt sur le cul.
J'aimerais beaucoup savoir à qui vous avez eu à faire sachant que les occasions sont tellement rares d'employer notre langue que ça a même laissé circonspect tous les gens de mon entourage à qui j'ai raconté l'histoire.
Je me rappelle à l'inverse que les traductions bretonnes d'un bretonnant pour un site libertaire début 2000 avait déclenché une belle hostilité dans les rangs anarchistes.
C'était ici : http://membres.lycos.fr/unitelibertaire/
Ce qui a mis en évidence de réelles contradictions idéologiques au sein de la mouvance.
Avis donc à la CNT AIT, je peux leur dégoter des centaines de gens prêts à traduire leurs textes en breton... et moi le premier d'ailleurs.
Sur le plan strictement linguistique, vous commettez une grave erreur (malheureusement relayée jusqu'à plus soif par quelques personnes notoirement mal intentionnées vis à vis du breton).
Vous confondez système d'écriture et langue dans son oralité :
Le KLTG, le KLT, le peurunvan etc. n'ont pas d'incidence sur le breton parlé. Il s'agit seulement ici d'unifier à l'écrit, des variantes dialectales bretonnes.
On enseigne donc le vannetais à Diwan dans l'aire géographique vannetaise. etc.
Donc, pour vous répondre, ma grand-mère ne pouvait parler ni le KLTG ni le skolveurieg etc.. pour la bonne et simple raison qu'hier comme aujourd'hui, ni le KLTG ni le skolveurieg ne se parlent... Ils s'écrivent. ;)
C'est un peu peu comme si le français que nous écrivons aujourd'hui portait un nom. Il n'a pas d'influence sur la manière donc nous parlons cette langue... J'espère que le débat est clos la dessus ;)
Linguistiquement parlant, je continue, le breton n'est pas un assemblage de patois. Le "Patois" n'existe pas, il n'a aucun valeur scientifique, et c'est résolument un terme dégradant, méprisant et formé comme tel. Ce terme est chargé d'une connotation politique certaine. Jamais ce terme ne sera utilisé en linguistique.. Il en est simplement banni.
Là où je vous rejoins, c'est à propos de la mauvaise santé du breton. Il n'est en effet pas uniquement imputable à l'Etat.
Le déclin est multiple, mais il n'aurait jamais eu les conséquences actuelles sans un sérieux coup de pouce repressif et psychologique.
La femme a longtemps (et l'est bien encore à bcp d'égards ici comme ailleurs) été soumise à l'homme. Est-ce de son plein gré, ou subit-elle le contrecoup de son éducation ? du dressage psychologique et de son environnement patriarcal ?
C'est identique en ce qui concerne les langues minoritaires.
Beaucoup de breton et de bretonnes ont intériorisé la honte de parler une langue perçue alors comme débilitante, arrièrée etc. (je vous conseille les travaux de le coadic : http://www.sociologie-bretagne.net/ une mine de renseignements d'un point de vue sociologique).
C'est une chose que l'on assenera très tôt aux enfants bretonnants à l'école, et relayé par les parents pour qui le professeur était symbole de pouvoir de savoir et donc à qui il fallait obeir.
Le français est donc devenu une langue indispensable, indépassable car obligatoire pour pouvoir réussir et s'en sortir, voire sortir de sa condition.
Plus besoin donc de trop réprimer... servitude devenue volontaire.
Aujourd'hui de nombreux mécanismes continuent à entretenir cette idéologie, elle même soutenue par une politique de destruction beaucoup plus subtile (voir mes notes précédentes)
A noter que l'auteur que vous mentionnez (Broudig) a d'ailleurs écrit un mémoire en breton sur les libertaires et la langue bretonne, à propo d'un penseur breton (Emile Masson) à l'origine du premier journal libertaire en langue bretonne.
Patois : je mentionne juste que l'académie française l'avait défini comme tel : "Langage rustique, grossier, comme est celui d'un paysan, ou du bas peuple".
Cela explique peut-être pourquoi ce terme est très peu apprécié en linguistique ou en sociolinguistique.
(On peut être sociolinguiste ou linguiste sans être bourgeois hein ;) )
Le KLTG : je réitère. Le KLTG est une ORTHOGRAPHE pas une synthèse pour parler une langue réinventée. Continuer à insinuer le contraire confine à la mauvaise foi.
PERSONNE NE PARLE KLTG... tout simplement parce que cela n'existe pas...
Et puis je trouve ahurissant que vous sachiez mieux que des gens comme moi qui s'expriment en breton comment je parle !
Je parle avec des anciens, comme avec des jeunes et cela n'a jamais posé de probleme.
J'écris en Peurunvan, mais cela n'influe en rien dans ma manière de parler comme cela n'influe en rien la manière de parler de tous les nouveaux brittophones.
Exemple j'écris : "Gwelet em eus anezhi" mais je dis "gwel' meus neï"
Comme en français on écrit : "Je ne sais pas" mais cela n'empêche pas de dire "ché pâ".
Bref pour le KLTG : La Bodadeg veur Emglew ar Brezhonegerien (Grande Assemblée de L'Entente des Bretonnants) s'est réunie en décembre 1936 "afin d'apporter des améliorations à l'orthographe unique pour toute la Bretagne" selon leurs termes.
C'est clair non ?
Et pourquoi KLTG ?
Le KLTG consiste en :
* la graphie -v pour le son /w/ afin d'indiquer là où le Goélo prononce /v/ ou /f/ quand les autres dialectes prononcent généralement /ou/ ou un phonème proche (eg: piou est désormais écrit piv, brao devient brav, ...). Cette notation a également pour avantage de mettre en évidence de quel radical dérive un mot (eg: brav => bravañ alors qu'auparavant brava dérivait de brao). C'est enfin une marque indiquant une prononciation vannetaise différente. (La proposition initiale suggérait d'employer la graphie w là où on utilise désormais -v.)
* le digraphe zh proposée en 1911.
Plus de confusion ? :)
Pour ce qui était de se retrouver dans un univers Bigot... bah , juste que les cathos pas cons avaient bien compris que le breton étant chassé par les républicains, ils pouvaient s'en servir pour mieux faire chier l'Etat et se ramasser une population qui ne savait que le breton. La langue bretonne en a une fois de plus fait les frais.
Avec le BI-linguisme il n'y a plus de probleme. On respecte une langue vernaculaire et on échange dans une langue commune.
C'est pas dans l'esprit anar ça ? :) Plus de division, tout en respectant l'autre dans son intègrité linguistique.
Le refus des différences n'est il pas plus créateur de désunion que la différence qui de toute manière existera toujours ? A moins de rever de clonage a l'echelle mondiale.
Pour Mabire, vous serez d'accord avec moi que l'extreme droite est super habile pour la récup. Ca n'en fait pas le sujet de récup un objet d'extreme droite.
Et si je vous écoute, vous donnez un gage de crédibilité à Mabire puisque vous vous appuyez sur une de ses citations pour aller dans le meme sens ;)
Pas bien quand même ;)
Pour la traduc, c'est ok..
Ca va pas être fait tout de suite tout de suite mais cela sera fait.
Par contre il faut me donner un contact pour l'envoi.
Et traduc pour traduc... et prêté pour un rendu
Vu que vous parlez arabe, serait-il possible de traduire à votre tour, la plateforme ci ?
http://www.cbil.lautre.net/01_plateforme/plateforme_fr.htm
Cela serait très sympa.
Les personnes approchées jusqu'à présent ayant toujours eu quelques difficultés à le faire (arabe pas assez bien maitrisé).
Merci bcp ! Trugarez ! شكرا
Vous me prêtez des intentions fausses... Où ai-je mentionné que "Paysan" était péjoratif ?
Patois, l'est puisqu'il confine certaines langues à une place inférieure aux langues dites "nobles" dans le champs lexical.
Pour en revenir une xeme fois sur l'orthographe bretonne... (c'est usant), vous me prêtez ENCORE UNE FOIS, cela devient lassant, des intentions ou des affirmations qui ne sont pas les miennes.
Oui il existes des différences de prononciation. Et le KLTG, norme orthographique, a justement été créé pour tenir compte dans l'orthographe des différentes prononciations. Ce qui d'un point de vue anarchiste me semble plus en phase qu'une orthographe qui impose une seule norme orthographique en ne tenant compte que d'une maniere de parler (cf français).
C'est a mon avis un point positif plus que négatif à mettre au crédit de ces intention. Je ne vois pas en quoi la mise en place d'une norme orthographique quand elle s'applique au breton serait du "tripatouillage" et que jamais personne surtout chez les anars, va nous en chier une pendule pour le français. Bref. Cela dénote une certaine obscession.
La traduction demandée est terminé. Je ne sais pas à qui l'envoyer.
Vous semblez par contre avoir hommis de me répondre quand à la traduction en arabe de la plateforme que je vous proposais... ce qui permettrait d'enrichir le site d'une langue supplémentaire.
Je voulais d'ailleur aborder de nombreux points que tu viens d'écrire. Mais tu l'as mieux dit que moi :)
Mais ca fait du bien de lire des choses auxquelles j'abonde à 100%.
Je suis assez soulagé également de m'apercevoir que ce que j'avais développé n'était pas si confus puisqu'il a été parfaitement compris.
Pour en revenir au fameux couplet sur le passé (que le camarade de la CNT AIT a l'air d'apprécier), pourquoi ne commencerions nous pas par 36 et la glorieuse ? Allez hop ! :)
Plus Sérieusement, Pour ma part la langue bretonne n'est pas du passé. C'est une langue que je pratique quotidiennement, que je lis, que j'écoute, que je chante et qui m'entoure à chaque lieu dit, chaque village ou ville par chez moi.
Finalement, la boucle est bouclée... si jamais du passé nous devions faire table rase, nous en arriverions au fameux "trou noir culturel".
Mais non, qu'on le veuille ou non, nous sommes le produits d'échanges culturels, de mixité, sociales, musicales, littéraires, géographiques... Une idéologie qui veut faire table rase du passé est vouée à l'échec et au totalitarisme. C'est peut être bon pour les vieux stals mais pas pour moi... ni pour toi hein camarade. Mais tu le sais...
On ne part jamais de rien. Tout n'est qu'évolution et tatonnements.
parfois l'évolution va dans le mauvais sens... mais c'est riche de ces enseignements que nous devons avancer.
Moi un monde juste socialement, mais ou tout est normé et cloné, je trouve pas ça plus bandant que monde merdique capitalos où l'on vit. C'est le suicide collectif assuré.
Je veux TOUT ! Un monde juste et solidaire ET riche culturellement et linguistiquement et musicalement...
A propos des anars chinois... ils ont du mal comprendre le sens de l'esperanto. Le créateur de cette langue ne voulais absolument pas remplacer toutes les langues du monde par une langue universelle, mais bien de construire une langue universelle POUR CONSERVER sa propre langue maternelle pour eviter justement toute hégémonie linguistique. J'ai toujours halluciné de voir que certains promoteurs de l'espéranto en font une arme CONTRE les langues alors que c'est dans son origine un outil POUR.
Mais dans une france monolingue, il n'est pas surprenant que des gens ne comprennent pas la possibilité de jongler avec deux ou trois langues.
La preuve, a chaque fois qu'on leur parle de promouvoir les langues minoritaires, ca ne manque jamais, on entend toujours des mecs effrayés te demander comment on va communiquer en france ? Toi tu leur répond, "bah, en français par exemple". Et là ils comprennent plus rien.
Note à Yves : Le texte "enep ar veleien" a longtemps troné sur un de mes murs. Je vais essayer de le retrouver et le foutre sur le blog ;)
merci de l'avoir mentionné.
il faut assumer aussi hein. ;)
Pour l'esperanto... Il y a méprise. Peut-être me suis-je mal exprimé. Je n'ai JAMAIS écrit ou pensé que Zamenof voulait conserver SA langue à lui... mais que le monde entier grace à l'esperanto pouvait conserver sa langue maternelle tout en pouvant converser internationalement avec une langue (neutre) SUPPLEMENTAIRE.
Je ne sais donc pas encore ce que tu vas inventer quand tu laisse planer un mysterieux : "En pretant ce projet conservateur a Zamenohf tu nous en dis beaucoup sur le tien en fait".
Je jure que je ne suis derriere aucun complot communautariste visant à imposer hégémoniquement mon "patois improbable" aux militant cénétistes... ;)
J'espere que le malentendu est levé sur ce point.
J'espere aussi qu'on en a fini avec le KLTG. Je pense que tout en a été clairement. Si ce n'est pas le cas, j'en déduirai que c'est par simple trollage ou "provocation" du militant Cénétiste. :)
Pour ce qui est des buts de ci ou de ça... je pense aussi en avoir fait le tour.
Je me place sur la problematique de l'hégémonie, et de la domination dans une perspective anarchiste. Point.
Tout le reste n'est que connerie. Je ne vais pas me justifier pendant des années. Mes textes sont clairs. Plus clairs en tous les cas que certains que l'on trouve sur le site de la CNT AIT (l"horreur linguistique" par exemple) qui pour moi n'a rien a faire sur un site se réclamant de l'anarchie.
Surtout que, pour terminer... ce n'est pas moi qui me sert d'un texte d'un fasciste (Mabire) pour appuyer mes dires, mais bien quelqu'un qui parle pour la CNT AIT. Je trouve cela savoureux quand on voit avec quel appétit vous cherchez la petite bête. J'imagine d'ici ce qu'il se serait passé je j'avais fait la même chose !!! ouille.
Traduc sinon
Je réitere (troisieme fois ;) ) : serait-t-il possible d'avoir une traduc en arabe du texte ? :
http://www.cbil.lautre.net/01_plateforme/plateforme_fr.htm
La traduc est également ouverte à n'importe quelle langue ou "patois improbable" évidemment. Note à toi qui passe sur le site par hasard.
Et sinon également, la traduction du texte en breton demandé est terminée. Où dois-je l'envoyer sans qu'elle finisse a la poubelle ? :)
Donc, comme tu l'auras compris je n'ai pas eu de réponse pour ma traduction en breton.
-Je suis sur que je l'ai plus ou moins dans le cul pour le coup_ :))
Et, comme je pouvais l'attendre, pas de nouvelle non plus pour la traduction que j'ai demandé (x fois) en arabe. Ce qui ne me surprend pas plus que ça.
Je doute de plus en plus que le monsieur sache parler ou ecrire l'arabe ( peut-être me trompé-je) Et si c'est le cas, alors cela veut dire que les 3/4 de son argumentation sont basés sur du mensonge.
Et ça éclairerait encore d'un jour nouveau sur les méthodes de certains militant de ce groupe pour arriver à faire passer des idées qui ne fleurent pas bon l'anarchie, mais la réaction et la domination.
Quand en plus la même personne s'appuie sur des textes de Mabire pour nous faire sa démonstration bancale, et comme tu l'as si bien démontré sur des idé ou des idées pas franchement anars. je te cite :
"on a toujours l’impression que vous cautionnez/ légitimez le discours de gens très éloignés des anarchistes. Et que si un prêtre va proclamer du haut de sa chaire: « n’allez donc pas traduire « buhez ar zent », car la langue bretonne, c’est la langue de la foi en Bretagne ! », vous allez répéter après lui : « ah ben vous voyez bien, la langue bretonne, c’est la langue de la foi en Bretagne, les deux sont liés ! »"
Je trouve ceci très pertinant
Dans certains milieux anars, quand le sujet linguistique ne plait pas, les manières utilisées sont malheureusement plus proches de ce que les anars combattent de manière générale. On en arrive systématiquement à des raccourcis gerbants, du mépris, ou également des "nevez anars" qui de l'anarchie n'en connaissent que les slogans.
Avec ces derniers, tu leur parle de domination culturelle, ils te répondent au secours ! A bas les frontières! Ni dieu ni maitre, ni langue ni culture.
C'est désolant.
Tu tombes aussi parfoid sur des néoanars (il existe bien des néobretonnants ;) ) tout frais sortis de leur lycée avec toute la panoplie : (badge, drapeau, autocollants, et autres distinctions vestimentaires). Ils s'assemblent car ils se ressemblent. Ils parlent la même "langue" politique, ont une même culture vestimentaire et des références libertaires en commun. C'est là le début d'un instinct identitaire. Les même vont ensuite te dire que "l'identité divise... A bas les différence" :)
Sinon, c'est chiant de ne jamais parler du fond. Mais on en arrive toujours là, pour noyer le poisson.
Le premier post de notre correspondant CNT AIT a d'ailleurs écrit dans sa toute premiere ligne de sa toute premiere réponse : "Bonjour. Je ne reveindrai pas sur le fond de votre commentaire.".
C'est fou quand même non ?
"Bonjour, je ne vais pas vous répondre sur le fond, je vais noyer le poisson."
On avancerait plus vite avec moins de mauvaise foi quand même... Non ?
Hop,
Je me suis servi de l'adresse mail que vous venez de me donner. La traduction est donc envoyée.
Si cela ne vous embête pas, j'aimerais un petit retour quant à une éventuelle publication de cette dernière sur le site en me donnant son lien HTML par exemple ? Merci d'avance.
Pour la traduction en arabe, vous comprendrez mon impatience ayant enfin trouvé quelqu'un qui semble capable de l'assurer.
Nos connaissances parlant arabe nous ont toutes fait défaut, car ne maitrisaient finalement pas assez cette langue pour assurer une telle traduction. Et il faut bien le dire, les arabes ne sont pas si légion vers où j'habite contrairement à certaines de vos affirmations un peu trop rapides ;) La population immigrée la plus importante est ici, souvent Kurde ou turque.
Bon, et sinon, pour en finir ? La dernière contribution d'Yves, et la mienne ne sont que de petites provocations bien innofensives par rapport à d'autres, car en terme de provoc, les gars Zé les filles de la CNT AIT ont l'air d'en connaitre un rayon. Je vous cite : ("disons que certains de ses membres [CNT AIT] ne sont pas contre la provoc :-) )").
Je suis assez satisfait que vous jugiez vous-même comme irritant de petites provocations ;)
ن 'لا تنسوا الترجمة شكرا لك
On ne peut même plus faire confiance aux anarchos-syndicalistes.. Mais où va-t-on ? :)
Et j'en remercie notre interlocuteur - pas si borné - de la CNT AIT
de qui j'attend toujours impatiemment la traduc en arabe ;)
Je pense qu'il s'est "un peu" foutu de moi sur ce coup-là. Je l'ai relancé mais je peux toujours courir je pense. :)
Et je continue de croire qu'il ne parle pas un traitre mot de cette jolie langue ;)
Message à toi, arabophone de la CNT AIT.. sérieux, c'est pas gentil gentil de me faire autant languir non - Ou de m'avoir menti tout court..? ;)
Marse omp tost a-walc'h evit tra-mañ-tra. Biken ne vimp moarvat war plas hor yezhoù.
Po ket 'met lenn ar pennad-mañ bet skrivet gant e vignoned : http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=52
Evit pezh a sell ouzh an anarko-sindikalism, eo ret gouzout e oa e penn ar stourmoù sindikel e fin an XIX vet kantved. Da skouer, Ar CGT d'ar c'houlz-mañ a oa kentoc'h troet davetañ. Diaes e ijinañ oa anarkourien e penn ar CGT, met mod-se 'mañ ;)
Brudet eo bet ivez e-pad brezel Spagn e 1936 pa oa ar CNT e penn ar stourm a-enep Franco.
Kalz diwezhatoc'h e bro-c'hall eo bet rannet ar CNT e daou. Diouzh un tu ar CNT AIT ('vel ar paotr 'meus bet miser gantañ) ha diouzh un tu all ar CNT Vignole (Ar re se n'o deus ket a gudenn gant hor yezhoù peurvuiañ ;) )
Je viens de passer faire un tour sur le site de la CBIL. Bon, toujours pas de version en arabe de la plateforme.... J'en déduis que malgré les promesses de la CNT-AIT, vous n'avez toujours pas recu la traduction promise? Je trouve qu'au bout de trois ans, leurs excuses bidons du style "nos activités nous retiennent loin de nos ordis" sont un peu minables...
Au moins maintenant, je sais ce que vaut la parole des responsables de la CIT-AIT: rien. On pourra toujours dire que ce rien vaut toujours plus que ce qu'ils déblatèrent sur les langues régionales à longueur de pages internet (preuve que contrairement à ce qu'ils disent plus haut, leurs activités ne les retiennent pas bien loin de leurs ordis...).
En effet, rien de rien. je pense que le jacobinisme est décidemment une maladie pernicieuse qui contamine toutes les couches de la societé, meme les plus improbables.